Littérature étrangère

Comment pouvons-nous vivre sans les autres? Sans relations humaines? Nous avons besoin d’être aimés en tant qu’humains. Comment réagiriez-vous si vos 4 meilleurs amis vous rejetaient du jour au lendemain sans aucune raison? Un simple appel disant que vous ne deviez plus prendre contact avec aucun d’eux? C’est arriver à Tazaki. Il a simplement répondu: «Si c’est ce que vous souhaitez» avant de raccrocher. C’est ensuite une énorme dépression qui a envahi le jeune homme. Puis, il a vieilli.

Haruki Murakami, un auteur japonais, écrit L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage en 2013. Il est par la suite traduit en français par Hélène Morita l’année suivante. Cet auteur de 68 ans n’a pas laissé sa plume de côté avec plus d’une dizaine de romans à son actif. Il a de nombreux prix à son curriculum, dont le Prix Jérusalem. Il récompense un auteur ayant abordé les thèmes de la liberté de l’individu, de la politique, du gouvernement et de la société. La popularité de  Murakami est telle que ses œuvres sont traduites dans plus de 50 langues.

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Tsukuru Tazaki rencontre plus tard une femme qui voit la blessure en lui. Une blessure d’il y a 16 ans. Bien des années sont passées depuis qu’il a été rejeté par son groupe d’amis, seulement, c’est encore là, le trou qui s’est formé dans sa poitrine. Cette femme l’encourage à retrouver ce groupe pour comprendre ce qui s’est passé.

Un douloureux voyage au cœur de son être s’amorce alors. Tazaki s’est toujours considéré comme une coquille incolore et vide alors qu’autour de lui, les couleurs sont partout. Chacun des membres du groupe de l’époque portait une couleur dans son nom et c’était leur surnom. Il y avait bleu, rouge, blanche et noire. Tazaki n’en avait pas, il était simplement Tazaki. Depuis ce temps, il ne semblait pas avoir trouvé sa couleur, sa personnalité.

Murakami offre un roman abordant en profondeur les relations humaines. Chacune d’entre elles laisse des traces en nous, souvent sans même que l’on s’en rende compte. Elles nous permettent d’apprendre sur la vie et sur nous en tant qu’individu. Tazaki n’a pas eu beaucoup d’amis proches dans sa vie et tous se sont mal terminés. Ce manque le suit et renforce sa pensée d’être vide et incolore. Alors qu’il reprend contact avec ses amis de l’époque, Tazaki doute de tout. Les remises en question sont donc inévitables alors qu’on lui apprend la raison de son rejet de l’époque. Au fil de ses discussions, il découvre que sa coquille, qu’il croyait vide, ne l’est peut-être pas tant que ça.

La culture japonaise au cœur de ce roman sort de celle présente dans nos romans québécois. Cet auteur qui a connu un succès monstre avec 1Q84 est un grand de la littérature japonaise. Il s’étend dans bien d’autres pays tellement ses œuvres sont marquantes et profondes. J’avais des attentes pour L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage et je n’ai pas été déçu. Un texte profond écrit avec délicatesse. C’est l’histoire d’un homme qui a été blessé et qui se cherche. Ça pourrait être vous! Bonne lecture!


L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

Haruki Murakami

Éditions 10/18

4 Comments

  1. Thank you for the great article

  2. This is actually helpful, thanks.

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